11 janvier 2012
Les peuples indigènes sont les premiers experts en changement climatique
Survival International recommande que le savoir traditionnel et l’expérience que les peuples indigènes ont accumulés sur l’environnement soient pris en compte dans les décisions globales qui vont être prises sur le changement climatique.
L’empreinte écologique des peuples indigènes, de l’Amazonie à l’Arctique, des déserts australiens aux savanes africaines, est la plus faible qui soit au monde. Ils pratiquent des modes de vie durables depuis des milliers d’années. Mais ils sont également les plus vulnérables au changement climatique et les premières victimes des mesures ‘vertes’ de rechange telles que les agrocarburants, les barrages hydroélectriques ou encore les projets de conservation.
La plupart des peuples indigènes ont développé une connaissance intime de leur environnement et observent avec inquiétude le changement de leurs écosystèmes.
Les chasseurs inuit du nord-ouest du Canada s’inquiètent de l’amincissement de la couche de glace, du raccourcissement des hivers, du réchauffement des étés, de l’altération du permafrost et de la hausse du niveau de la mer.
Les Innu du Nord-Est du Canada rapportent avoir observé au Nord du Labrador des oiseaux comme le geai bleu qui ne se rencontrent habituellement qu’au Sud du Canada ou aux Etats-Unis; ils constatent qu’il y a moins de neige durant les mois les plus froids et moins de moustiques en été.
Les éleveurs de rennes nenets de Sibérie disent que la fonte des rivières glacées arrive plus tôt dans la saison, ce qui, au printemps, retarde la migration saisonnière de leurs rennes qui sont contraints de nager pour traverser les rivières autrefois encore glacées. Ils ont également observé la réduction des moustiques.
Les éleveurs tsaatan de Mongolie se plaignent qu’il n’y a plus assez de lichen et de mousse pour nourrir leurs rennes.
Les Yanomami d’Amazonie brésilienne ont constaté un dérèglement des précipitations. Ils appellent l’opinion publique mondiale à reconnaître non seulement le rôle vital de l’Amazone dans la régulation du climat de la planète mais aussi celui de la déforestation sur le changement climatique.
‘Le changement climatique a débuté dans nos pays’, déplore Davi Kopenawa, porte-parole et chamane yanomami. ‘Les pays riches ont incendié et détruit d’immenses parties de la forêt amazonienne. Si vous abattez les gros arbres et incendiez la forêt, la planète s’asséchera. Le monde doit écouter les cris de la Terre qui appelle à l’aide’.
Sheila Watt-Cloutier, militante inuit a déclaré : ‘Des chasseurs sont tombés à travers une mince couche de glace et ont perdu la vie dans des endroits que nous avons longtemps considérés comme sûrs. L’Arctique est le baromètre santé de la planète. Si vous voulez savoir comment elle se porte, venez en Arctique lui prendre son pouls ’.
‘On ne peut plus se fier aux compétences traditionnelles de lecture du climat, déplore Veikko Magga, un éleveur de rennes saami. ‘Jadis, nous pouvions prévoir le temps qu’il allait faire. Tous ces signes et compétences n’ont plus aucune efficacité de nos jours.’
‘Les peuples indigènes sont les meilleurs experts au monde’ a déclaré Stephen Corry, directeur de Survival International, ’C’est indiscutable : chez ceux qui ont eu la chance de pouvoir rester sur leur propre terre, les taux de couverture forestière et inversement de perte de biodiversité sont bien plus élevés que dans toutes sortes de zones protégées. Et sans leur savoir écologique traditionnel, de nombreux médicaments n’auraient sans doute pas vu le jour.
‘Il devient urgent pour nous tous que leurs savoirs et leur manière d’appréhender le monde soient reconnus. Les peuples indigènes devraient jouer un plus grand rôle dans le processus de décisions des politiques de lutte contre le changement climatique et leur droit à la possession de leurs terres devrait être universellement reconnu.’
21 novembre 2011
Un séisme de magnitude 5,9 secoue le Myanmar
RANGOON, 21 novembre (Xinhua) -- Un séisme d'une magnitude de 5,9 degrés sur l'échelle ouverte de Richter a secoué le Myanmar lundi à 09h43, heure locale (03h43 GMT), a indiqué l'Institut américain de géophysique (USGS).
L'épicentre a initialement été localisé à 24,9466 degrés de latitude nord pour 95,2263 degrés de longitude est, à une profondeur de 121 km.
17 novembre 2011
Découverte de fragments du continent géant Gondwana au fond de l'océan

SYDNEY - Des scientifiques australiens explorant des endroits jusqu'ici inconnus de l'océan Indien ont annoncé jeudi avoir découvert des fragments de Gondwana, un supercontinent qui rassemblait il y a des millions d'années les terres situées aujourd'hui dans l'hémisphère sud.
Deux "îles" immergées ont été repérées au fond de l'océan, dans les eaux internationales, à 1.600 km à l'ouest de l'Australie, lors d'un voyage de reconnaissance en octobre.
Les rochers contiennent des fossiles de créatures habituées des eaux peu profondes, ce qui signifie que ces rocs se trouvaient, à une époque, au niveau de la mer ou au-dessus, a déclaré Jo Whittaker, géophysicienne à l'université de Sydney, une des chercheuses de l'équipe.
Ils ne peuvent pas avoir été créés par une activité volcanique sous-marine, a-t-elle ajouté.
Cette découverte va peut-être permettre de mieux comprendre comment Gondwana s'est rompue, donnant naissance à l'Australie, l'Antarctique et l'Inde, il y a entre 80 et 130 millions d'années, a précisé la scientifique.
Elle souhaite notamment se pencher sur la dérive de l'Inde d'abord vers le nord-ouest, puis vers le nord, où sa côte nord-est, autrefois rattachée à l'Australie, heurta l'Eurasie, donnant ainsi naissance à l'Himalaya.
"Nous savons à peu près où ces continents se trouvaient mais pas avec précision. L'océan Indien oriental est une des parties du monde océanique les moins explorées en terme de tectonique", a déclaré Mme Whittaker à l'AFP.
Des échantillons de grès et de granit ont été prélevés sur la falaise d'une des "îles", à 2.000 mètres de profondeur sous la mer. Ils doivent être datés mais les scientifiques estiment qu'ils pourraient remonter à un milliard d'années.
Ces rochers seront ensuite comparés à des échantillons de la côte ouest de l'Australie, afin de déterminer l'endroit où le continent s'est brisé. On ne peut pas en revanche comparer avec des rochers de l'Inde, car l'endroit de la fracture "a été écrasé lors de la formation de l'Himalaya", a expliqué la chercheuse.
La découverte des scientifiques est "très significative", selon la géophysicienne. "Ce n'est pas tous les jours qu'on découvre deux gros fragments continentaux au fond de l'océan", a-t-elle dit. "Accompagné d'autres données, cela peut changer ce que nous savons de cette partie du monde et le calendrier" de sa formation.
20 minutes.fr
09 novembre 2011
Radars : 135 euros l'orange
Les amendes sur radars ont rapporté plus que prévu à l’Etat en 2011: 520 millions d’euros, contre 435 millions d’euros attendus par Bercy. Une cagnotte inattendue de 85 millions d’euros, due avant tout à la prolifération des radars aux feux rouges. C’est ce que note ce mercredi le quotidien Les Echos, après la publication d’un rapport du député UMP Hervé Mariton.
Lancé il y a deux ans, ce nouveau type de radar s’est développé en France à vitesse à grand V: il y en avait 120 à la fin 2009, il y en a désormais 680. Leur nombre devrait se stabiliser l’an prochain, 720 radars aux feux rouges sont prévus fin 2012. Mathématiquement, les revenus générés par ces radars ne devraient donc plus beaucoup augmenter.
Une amende de 135 euros
Avec le développement rapide des radars sur route depuis 2003, les automobilistes ont modifié leur comportement, et ils roulent moins vite qu’avant (90km/h en 2000, 79km/h en 2011). Peu habitués aux radars aux feux rouges, ils ont donc encore trop tendance à accélérer au feu orange.
Le montant d’une amende au feu rouge est de 135 euros et peut éventuellement être assorti d’un retrait de quatre points sur le permis.
Turquie : un séisme de magnitude 5,7 frappe l'est du pays
Les premiers secours tentent de dégager des habitants piégés
sous les décombres, à Tabanli près de Van, en Turquie, le 23 octobre 2011.
Un séisme de magnitude 5,7 s'est produit mercredi soir dans l'est de la Turquie (à près de 1 000 km à l'est d'Ankara), provoquant l'effondrement de plusieurs immeubles dont un hôtel de six étages.
Le séisme a eu lieu à 20h23(heure française) et son épicentre était localisé dans le district d'Edremit à 4,8 kilomètres de profondeur, a indiqué la chaîne turque NTV.
Ce district est situé à environ 15 kilomètres de la province de Van, frappée le 23 octobre par un séisme de magnitude 7,4 qui a fait plus de 600 morts.
Selon NTV, un hôtel de six étages situé dans la ville de Van et habité principalement par des journalistes et des équipes du Croissant Rouge turc s'est effondré après le séisme de mercredi, et des équipes de secours et des ambulances se rendaient sur place. D'après la chaîne publique TRT citée par l'agence Reuters, au moins trente-cinq personnes seraient prises au piège.
«Il est trop tôt pour savoir s'il s'agit d'une réplique (du tremblement de terre du 23 octobre) ou d'un (nouveau) séisme», a déclaré à NTV le professeur Mustafa Erdik, directeur de l'Observatoire Kandili de géophysique à Istanbul.
30 septembre 2011
Inde : gagner un téléviseur en se faisant stériliser
La loterie mise en place dans le district de Jhunjhunu au Rajasthan afin de promouvoir la stérilisation, a été dotée de nombreux prix...
Une campagne sanitaire bien particulière. C’est le dernier jour ce vendredi pour participer à la loterie organisée par les autorités sanitaires du district de Jhunjhunu, au Rajasthan, dans le nord de l’Inde. Cette loterie a été lancée en juillet pour tenter d'encourager la stérilisation volontaire. Objectif avoué des autorités sanitaires du district de Jhunjhunu: «Encourager la stérilisation».
Motos, téléviseurs couleur, robots ménagers et une Nano
Dans les faits, tous ceux qui se sont fait stériliser jusqu’à ce vendredi participeront à la loterie. Cette dernière a été dotée de nombreux prix: 5 motos, 5 téléviseurs couleur et 7 robots ménagers. Le premier prix étant une voiture Tata Nano d’une valeur de 3.000 euros. Ces lots viennent s’ajouter au dédomagement proposé aux candidats à la stérilisation, soit 1.100 roupies (18 auros) pour les hommes et 600 (10 euros) pour les femmes.
Le recensement provisoire effectué en 2011 dans le district indique que la population y a augmenté de 11,8% en 10 ans.
20 minutes.fr
08 septembre 2011
Donneur de sperme : point trop n'en faut

USA : UN DONNEUR DE SPERME « PÈRE » DE 150 ENFANTS
En France, un donneur de sperme peut être à l’origine de 10 naissances au maximum. Ce qui n’est visiblement pas le cas aux États-Unis, comme l’a révélé The New York Times cette semaine avec l’histoire de Cynthia Daisy. Cette Américaine a eu recours à un donneur de gamètes pour concevoir son enfant. Elle a ensuite recherché sur Internet les « demi-frères et sœurs » issus du même donneur de sperme, grâce à un site spécialisé dans ce genre de démarche. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle s’est aperçue que le géniteur de son fils avait…150 enfants !
Une absence de législation aux États-Unis
En effet, aux États-Unis, aucune limite n’est prévue en matière de don de gamètes, ce qui peut conduire à des « familles » hors-normes. Cette absence de législation outre-Atlantique pourrait être dangereuse, puisque des cas « d’inceste accidentel » pourraient se produire entre demi-frères et sœurs issus du même donneur. Une mère californienne déclare à ce propos "C'est pour éviter cela que ma fille connaît le numéro de donneur de son géniteur". Ce risque est d’autant plus élevé qu’en général les gamètes d’un même donneur sont utilisés dans un district géographique restreint.
Le New York Times dénonce également le risque de transmission d’anomalies génétiques à grande échelle. Les donneurs de gamètes à l’origine de nombreuses naissances seraient courants outre-Atlantique. Cette anecdote pointe du doigt un vrai problème éthique, et pourrait appuyer la cause des familles protestant contre la logique mercantile de certaines cliniques.
03 septembre 2011
Même l'espace devient une poubelle
SOS, orbite terrestre en détresse. Selon un rapport du National research council, la quantité de débris de l'espace qui tournent autour de notre planète a atteint un niveau «critique». Certains scientifiques estiment même qu'on pourrait avoir atteint le «point de non retour», à partir duquel les collisions deviennent inévitables, créant de nouveaux débris, causant de nouvelles collisions et ainsi de suite (un effet boule de neige modélisé par Kessler en 1978). Le pire scénario? La destruction des satellites actuellement en orbite et l'impossibilité d'en envoyer de nouveaux. Adieu Internet et GPS, hello âge de pierre.
Nous n'en sommes pas encore là. Toutefois, la quantité de débris a doublé au cours des quatre dernières années. Deux principaux événements responsables: le test grandeur nature d'un missile anti-satellite par la Chine, en 2007, qui a éparpillé façon puzzle une sonde à la retraite en 150.000 pièces, et la collision accidentelle de deux satellites, en 2009. Au total, la Nasa garde l’œil depuis le sol sur plus de 20.000 débris de plus de 10 cm. Il y aurait au moins 500.000 fragments d'au moins un centimètre en orbite. Et à une vitesse de plusieurs km/s, même une bille peut causer de gros dégâts.
Problème technologique et politique
Si les collisions restent faibles (les volumes sont gigantesques), leur probabilité va augmenter si rien n'est fait, avertit le rapport. En 2009, l'ISS était passée près du drame et avait évacué de manière préventive son équipage, sous la menace d'un bout de vieux moteur de satellite de 13 cm qui était finalement passé à côté. Régulièrement, la Station spatiale international change d'orbite via ses booster d'appoint pour éviter une collision avec des objets plus massifs, détectés longtemps à l'avance.
Comment régler le problème? Le rapport ne préconise pas de solution miracle. Il appelle à une coopération internationale visant à tester différentes techniques afin de déterminer le meilleur rapport efficacité/prix. Pour l'instant, le problème est autant technologique que politique: les différentes méthodes coûtent cher, et personne ne veut vraiment mener la charge.
En général, une double stratégie est préconisée: déplacer les plus petits débris vers l'atmosphère, pour qu'ils s'y désintègrent, et pousser les plus gros loin, très loin, vers un cimetière galactique. Lasers depuis le sol, canons à eau fixés sur des sondes, «filets de pêcheurs», les solutions exotiques ne manquent pas. L'une des dernières, suggérées par DARPA et EADS, explore l'approche des voiles solaires, qui seraient fixées sur les nouveaux satellites et se déploieraient en fin de vie. Une solution potentiellement low-cost et verte, mais dont l'application aux objets existants reste un challenge. Sinon, il y a toujours l'imagination des auteurs de science-fiction, comme dans le manga Planètes, avec ses éboueurs de l'espace.
17 août 2011
Madrid : la venue du pape fait polémique
Une série de manifestations est prévue ce mercredi pour protester contre le coût du grand rassemblement catholique...
Alors que l’Espagne est au cœur d’une tourmente financière, Madrid accueille en grande pompe le pape Benoit XVI et le million de pèlerins venus se réunir autour de lui. Le gouvernement de José Luis Zapatero a beau soutenir que les rentrées d’argent des JMJ seront supérieures aux dépenses et aux manques à gagner des institutions, certains habitants ne décolèrent pas.
Les «indignés» (los «indignados») sont les premiers à pester contre ce grand raout. Les manifestants qui avaient installé un campement de fortune depuis le mois de mai sur l’emblématique Puerta del sol de Madrid ont été «délogé(s)» début août par la police. Les protestataires n’ont pas hésité à dénoncer une opération destinée «à nettoyer la place» pour la venue du pape. La pilule est d’autant plus mal passée que leurs revendications sont financières (chômage trop élevé, difficultés économiques, réduction de dépenses publiques etc.) et que les coûts engagés par les JMJ leurs semblent astronomiques. 50,5 millions selon les autorités, plutôt dans les 100 millions selon les manifestants.
Les «indignés» suivis par des athées, des laïcs et des prêtres
Des groupes d’athées et de laïcs comptent bien venir gonfler les rangs des protestataires. Ce mercredi, près de 150 associations sont appelées à défiler dans les rues de Madrid. En cette période de marasme économique, ils mettent en garde le gouvernement: «De mis impuestos, al Papa cero», que l’on peut littéralement traduire par «De mes impôts, zéro pour le pape».
Parmi les trouble-fête, on retrouvera également quelques prêtres. Interrogé par Reuters, Evaristo Villar, prêtre et membre du réseau des Redes Cristianos, s’explique sur ses motivations: «Nous n'organisons pas une manifestation contre le pape, mais pour nous plaindre d'un événement très coûteux en temps de crise et de chômage élevé».
Le volet économique n’est pas le seul à déplaire
En marge des ces mouvements, les groupes de défenses homosexuels et transsexuels organisent une manifestation éclaire. Une séance de baisers pour accueillir le pape a été mise en place via Facebook. Elle vise à protester contre le «fondamentalisme de l'Eglise catholique» et «les condamnations moralisatrices sur la sexualité» exprimées par le Vatican, alors même que le mariage entre deux personnes du même sexe a été légalisé en 2005 par le gouvernement Zapatero.
Plus amusant, le Real Madrid pourrait lui aussi trouver à redire sur la venue du pape Benoit XVI. En effet, le trafic est complètement interrompu depuis mardi dans le centre (du Musée du Prado à la Gran Via), or ce mercredi soir se joue un match de la super coupe d’Espagne entre le Real et le Barça [le match se joue à Barcelone]. En cas de victoire du premier club, l’équipe ne pourra pas fêter son succès comme elle en a l’habitude sur la Plaza de Cibeles et el Paseo de Recoletos. Des pourparlers se tiennent depuis quelques jours pour trouver une solution. La fête sera-t-elle reportée ou les joueurs devront-ils investir un nouveau lieu? La question reste entière.
20 minutes.fr
16 août 2011
En pays Ogoni, les Nigérians respirent, boivent et maudissent le pétrole
Comme tant d'autres villages du royaume Ogoni, Bodo a vu son environnement se dégrader au cours de 50 années d'exploitation pétrolière marquées par des fuites.
On est en plein coeur du delta du Niger, une région pauvre et volatile, richissime en hydrocarbures, où opèrent de nombreuses multinationales.
Dans un rapport sans précédent, l'ONU a récemment établi l'ampleur et l'impact de la pollution en pays Ogoni. La contamination est telle qu'elle exigerait la plus vaste opération de nettoyage jamais entreprise dans le monde, selon l'étude.
Il y a "urgence" en raison des menaces pour la santé des quelque un million d'Ogonis, selon Henrik Slotte, du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) qui a réalisé l'enquête.
A la jetée de Bodo, des villageois foulent pieds nus le sable souillé. Certains se couvrent le nez de la main ou avec un mouchoir.
Le pétrole a beaucoup rapporté au Nigeria, premier producteur d'Afrique. Il a coûté cher à de nombreux Ogonis qui vivaient de la pêche et de l'agriculture. Ils ont vu leurs moyens de subsistance détruits au rythme des fuites.
"Les habitants ici sont des pêcheurs et des agriculteurs, ils dépendent directement des ressources de la mer (...). Avec ces fuites, on ne peut plus rien faire", résume Michael Kobah, enseignant de 49 ans.
Las d'attendre une éventuelle intervention extérieure pour décontaminer sa région, il s'est lancé dans la plantation d'arbres, dans l'espoir qu'ils purifient l'air.
"Nous devons maintenant aller à 50 milles, en haute mer, pour attraper le moindre petit poisson", se lamente Friday Gimmogho, 31 ans, bredouille sur la jetée.
Patricia Boribor, 62 ans, dit avoir abandonné ses terres qui ne produisaient plus rien.
A quelques kilomètres de Bodo, dans le village de Nisisioken Ogale, les habitants ont été sommés par le PNUE de ne plus utiliser l'eau de leurs puits.
Les prélèvements ont montré qu'elle contenait 900 fois plus de benzène, un hydrocarbure cancérigène, que la limite recommandée par l'Organisation mondiale de la santé. Une eau que les villageois boivent et avec laquelle ils cuisinent et se lavent depuis des années.
Nisisioken est traversé par un oléoduc de la compagnie nationale nigériane NNPC, dont les fuites ont contaminé les nappes phréatiques.
"L'oléoduc est très mal entretenu. Ils ne prêtent pas attention à notre communauté", dénonce Austin Kpalap, 31 ans.
Le jeune homme affirme qu'aucune fuite n'a jamais été nettoyée à Nisisioken. Impuissant, il laisse éclater sa colère contre l'indutrie pétrolière.
"Ils ne nettoient pas (...) ils ne s'intéressent qu'à ce qu'ils se mettent dans les poches. Ils ne font pas face. La plupart vivent à Abuja, à Lagos, ils ne sont pas ici, ils ne ressentent pas" la pollution environnante.
Encore quelques kilomètres plus loin, à B-Dere, un chemin de terre étroit débouche sur une marre entourée de verdure. Les oiseaux chantent, mais l'air est irrespirable. Le site est recouvert de brut.
Le géant anglo-néerlandais Shell, premier opérateur au Nigeria, a été particulièrement implanté en pays Ogoni, dont il s'est retiré en 1993. Mais la zone est encore traversée par deux oléoducs que le groupe possède dans le cadre de la SPDC, une co-entreprise avec la NNPC, et compte de nombreux puits désormais inactifs.
Le rapport du PNUE critique la SPDC pour le manque de surveillance et d'entretien de ses infrastructures, ce qui a "conduit à des problèmes de santé publique et de sécurité".
L'étude note aussi que la décontamination, par la SPDC, de sites pollués a été largement insuffisante.
Shell, qui assure prendre très au sérieux le rapport et les recommandations de l'ONU, soutient que le sabotage, le vol et le raffinage clandestin de brut obtenu en perforant les oléoducs sont les principales causes de pollution.
"70% des fuites dans le delta sont dues au sabotage", affirme à l'AFP Mutiu Sunmonu, patron du groupe au Nigeria.
Le raffinage illégal et les attaques d'oléoducs par des groupes armés contribuent à la pollution et posent un véritable problème, selon tous les observateurs. Mais ce sont des phénomènes récents, soulignent Henrik Slotte du PNUE, Amnesty International et les activistes locaux.
Le rapport du PNUE a aussi épinglé le gouvernement nigérian, appelé à davantage réglementer la protection environnementale.
Pour Ledum Mitee, président du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (Mosop), "le gouvernement devrait retirer la licence de Shell" et la décontamination devrait démarrer "immédiatement".
Une opération que les Ogonis attendent avec impatience. Beaucoup, au chômage, espèrent être embauchés pour restaurer leur environnement.
20 minutes.fr









