25 mai 2011
Fukushima : les paysans bio cherchent des terres non irradiées
Shinpei Murakami est paysan. Ses terres, situées près de la centrale de Fukushima, ont été contaminées par la radioactivité. Il a été contraint de tout abandonner, y compris son projet d’écovillage. Militant contre le nucléaire, il est venu en France, avec Toshihide Kameda, lui aussi agriculteur, pour développer des échanges entre paysans d’ici et de là-bas. Mais aussi pour dénoncer les mensonges de Tepco et l’abandon par le gouvernement.
Shinpei Marakami et sa famille habitaient depuis 9 ans dans un coin de campagne japonais vert et légèrement vallonné. Ancien coopérant, notamment en Thaïlande, convaincu par l’opportunité de l’agriculture biologique, il a mis en place une ferme quasi-autosuffisante. « Le lieu comptait un restaurant entièrement approvisionné par les produits de la ferme où nous cultivions du riz, du blé et des légumes. On fabriquait du pain et on livrait une trentaine de paniers de produits de la ferme par semaine. » Après 7 ans d’installation et de dur labeur, le projet venait de boucler sa première année avec un bilan économique positif. Une seconde famille devait venir s’installer, pour lancer le projet d’éco-village auquel Shinpei Marakami songeait depuis toujours.
Mais la catastrophe nucléaire du 11 mars a transformé ce petit paradis auto-géré en enfer. Iitaté, la commune sur laquelle est installée la ferme, fait partie de la zone interdite. Celle où l’on ne peut plus vivre pour cause de radioactivité trop élevée. Shinpei Marakami et sa famille sont partis à peine 24 heures après le tremblement de terre, anticipant les ordres d’évacuation du gouvernement japonais. « Quand la terre a tremblé, j’étais occupé à monter une charpente avec mon stagiaire, décrit Shinpei Marakami. J’ai tout de suite senti que c’était très sérieux, à cause de la longueur des secousses. Quand ça s’est arrêté, j’ai fait le tour des bâtiments. Maison, dépendances, restaurant... Tout a tenu bon ! » Le tsunami ne les a pas touchés non plus.
Mensonge organisé
Finalement, ce 11 mars, il s’est couché plutôt soulagé. Songeant à l’organisation du lendemain. Il faudrait qu’il aille vers la côte, amener de quoi manger aux personnes sinistrées. « Ce genre de catastrophe naturelle valorise une ferme autonome comme la nôtre. Finalement, nous ne manquions de rien. » Il a été réveillé en pleine nuit par sa femme, accompagnée de leurs trois enfants, lui disant qu’il fallait fuir immédiatement. « Elle revenait de chez des amis très impliqués dans le mouvement anti-nucléaire local. Les infos qu’ils avaient étaient beaucoup moins rassurantes que celles que Tepco et le gouvernement japonais voulaient bien donner. »
À la radio, Shinpei Marakami avait entendu qu’en cas de tremblement de terre, la centrale s’arrête immédiatement. Il a donc été obligé d’admettre qu’on leur mentait. Même s’il le soupçonnait fortement, et depuis longtemps. « Depuis 1986, date de la catastrophe de Tchernobyl, je suis impliqué dans le mouvement anti-nucléaire. Je sais qu’un cœur de centrale peut fondre. Et exploser. J’ai toujours été terrorisé par cette éventualité, explique-t-il. Mais au fond, je voulais croire les propos rassurants de Tepco et du gouvernement. Notamment sur le fait que la technologie japonaise valait mieux que celle de la Russie. »
Tout quitter, terres et maison
« On nous a toujours dit que c’était 100% sous contrôle », reprend Toshihide Kameda, paysan lui aussi. Militant dans les réseaux anti-nucléaire depuis longtemps, et président de Nôminren, la confédération des paysans de Fukushima affiliée à Via campesina, qu’il a cofondé il y a 20 ans. « Je suis aujourd’hui très en colère, d’avoir été victime de négligences, alors que nous avions prévenu que cela arriverait, dit-il. Nous avions exigé une surveillance renforcée de la centrale en raison des annonces de séismes et de tsunami. Tout cela est inadmissible. » Maraîcher, il cultivait en bio des terres qui appartenaient à sa famille depuis plus de 100 ans. Il s’est finalement résolu à tout quitter, le cœur déchiré. Ne sachant pas quand il pourrait revenir... pour simplement passer, équipé d’une combinaison, récupérer quelques effets personnels. Parce qu’il n’est, quoi qu’il arrive, plus question d’y vivre, encore moins d’y cultiver quoi que ce soit.
Résister au désespoir semble difficile. Admettre qu’une terre dont on prend soin depuis des années est totalement perdue, à cause d’un accident prévisible, est infiniment douloureux. L’un de ces paysans déracinés depuis le 11 mars n’a pas supporté le deuil de sa terre, et de son métier. Il s’est suicidé. Mais ni Tepco, ni le gouvernement ne semblent s’en préoccuper. Des dizaines de milliers de personnes évacuées de la zone interdite continuent à dormir dans des grands gymnases. Sans savoir ce qu’il adviendra dans l’avenir. Et quand les paysans sont allés les voir pour savoir ce qu’il fallait faire avec les bêtes abandonnées dans cette zone contaminée, chacun a renvoyé la responsabilité à l’autre.
Les paysans ont donc pris eux-mêmes la décision de retourner tous les deux ou trois jours nourrir les animaux. Pour éviter qu’ils ne crèvent et créent des épidémies. Il fallait traire le lait inconsommable et le jeter ensuite. À même la terre, puisque son évacuation n’était évidemment pas prévue. « Aujourd’hui, tout est anéanti », reprend Shinpei Marakami. « On essaie d’inventer d’autres projets agricoles ailleurs. On est venu en France rencontrer d’autres citoyens, pour réfléchir à des fermes d’échange. Mais nous ne savons pas vraiment ce qu’il faut faire. À part abandonner le nucléaire. De ça, nous sommes absolument certains. » Les décideurs japonais ne semblent pas sur la même longueur d’onde. L’abandon du nucléaire n’est pas pour demain. Même si à Fukushima, la situation va de mal en pis. On vient en effet d’apprendre que les cuves en inox, dernier rempart entre les barres d’uranium en pleine fusion et l’extérieur sont devenues de véritables passoires.
Nolwenn Weiler
source : BASTA
24 mai 2011
Le colossal barrage des Trois-Gorges inquiète la Chine

Jusqu’alors, le gouvernement chinois ne tarissait pas d’éloges à son propos : le gigantesque barrage des Trois-Gorges, sur le fleuve Yangtse, au centre de la Chine, était vanté pour son poids dans la production hydroélectrique du pays, permettant de soutenir la forte croissance industrielle, autant que pour sa régulation des crues menaçant le delta du fleuve chaque été. Compte tenu du prestige politique en jeu et surtout de son coût (16 milliards d'euros) le gouvernement étouffait depuis des années les critiques du projet. Mais dans un récent communiqué, les autorités chinoises ont pour la première fois reconnu que le plus grand barrage du monde a causé de nombreux et sérieux problèmes environnementaux, sociaux et économiques.
Premier chef d’accusation : les catastrophes naturelles. L'accumulation d'une trop grande quantité d'eau dans le réservoir, long de 660 km et d’une capacité de 39 milliards de mètres cubes, augmente les risques de glissements de terrain et de tremblements de terre, selon des géologues. Dans son communiqué, le gouvernement chinois a reconnu que la création du réservoir a accru la fréquence des séismes, tout en niant, toutefois, un lien quelconque avec le puissant tremblement de terre qui a tué 87 000 personnes dans la région de Sichuan, dans le nord-est du pays, le 12 mai 2008.
Les dommages irréversibles occasionnés sur l’écosystème constituent également un sujet majeur de préoccupation. Des espèces, comme le dauphin de la rivière Yangtse, ont été déclarées officiellement éteintes en raison de la pollution et des algues, qui s’accumulent du fait du barrage, au lieu d’être drainées par le fleuve. Côté social, l'édifice a entraîné le déplacement de pas moins de 1,4 million de personnes, situées trop près des Trois-Gorges, et la destruction d’un millier de villes et villages.
Enfin, la baisse du niveau des eaux en aval du barrage, dont dépendent des populations entières pour l’agriculture, est particulièrement pointée du doigt, alors qu’une sécheresse sans précédent touche le pays. Près de 1 400 réservoirs dans la province du Hubei ont ainsi été asséchés, affectant l'approvisionnement en eau potable de plus de 300 000 personnes. Nombre de paysans accusent de manière ouverte les Trois-Gorges d’avoir aggravé le phénomène climatique et détournent depuis quelques mois l’eau du barrage.
Cette semaine, le gouvernement a promis d'établir des systèmes d'alerte aux catastrophes, de renforcer les rives, d'améliorer la protection de l'environnement et ainsi que les aides pour les personnes déplacées. La compagnie responsable du barrage a par ailleurs ouvert les vannes pour aider à combattre la sécheresse.
Cette déclaration survient au moment où Pékin doit dévoiler les détails du 12e plan quinquennal. Selon le Guardian, ce calendrier pourrait signifier une inflexion de tels projets hydroélectriques en Chine. Peter Bosshard, le directeur des stratégies de l'ONG californienne Rivières internationales, assure alors : "Bien que de puissantes factions au sein du gouvernement font pression pour l'expansion rapide de projets hydroélectriques, d'autres mettent en garde contre les coûts sociaux et environnementaux des grands barrages et des risques géologiques de la construction de tels projets dans les régions sismiquement actives. Par ses déclarations, le premier ministre Wen Jiabao pourrait donner un coup de semonce au lobby de l'électricité hydroélectrique du pays."
http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/05/24/le-colossal-barrage-des-trois-gorges-inquiete-la-chine/
19 mai 2011
L’Occident relance la production de terres rares pour contrer la Chine
On les appelle les terres rares: 15 éléments indispensables à l’industrie du XXIe siècle. On les trouve partout: dans les éoliennes, les voitures, les batteries pour véhicules électriques, les smartphones, les écrans plats, les ampoules à basse consommation, l’aviation, les fibres optiques ou les batteries nucléaires pour guidage de missiles. En Suisse, l’association Swissmem (Machines électriques et métaux) a sondé ses membres en novembre pour évaluer l’importance de ces terres rares dans l’industrie. «La plupart des entreprises actives dans l’électrique, l’électronique et les métaux nous ont indiqué qu’elles utilisaient au moins une de ces terres rares», souligne Jean-Philippe Kohl.
Elles sont utilisées en très petites quantités, mais on ne peut s’en passer et une gigantesque partie de Monopoly est lancée. Et c’est la Chine qui mène le bal. Avec plus de 50% des réserves mondiales, selon les tout derniers chiffres de l’USGS (United States Geological Survey), l’Empire du Milieu produit 97% des terres rares disponibles dans le monde, soit 130 ooo tonnes sur les 133 000 produites en 2010, toujours selon l’USGS. Une position idéale pour jouer au yo-yo avec les industries occidentales.
La Chine ferme le robinet
Après avoir restreint la livraison de matières premières en 2009, ce qui lui a valu une remontrance de la part de l’OMC suite à la plainte déposée par les Etats-Unis, l’Union européenne et le Mexique, la Chine a réédité le coup en juillet 2010, en annonçant au Japon qu’elle cessait la livraison de terres rares. «Résultat, les cours ont grimpé en flèche, explique Urs Gmür, de la société Dolefin basée à Nyon, premier fonds suisse sur les terres rares, créé en juillet 2010. Nous avons eu le vent dans le dos, avec des taux de croissance spectaculaires.»
Fin décembre, la Chine remettait la compresse et annonçait la réduction de 35% de ses quotas d’exportation de terres rares pour le reste du monde pour le premier semestre 2011. Conséquence immédiate: le prix du cerium (utilisé pour les véhicules hybrides) a bondi de 2500% entre mars 2010 et mars 2011; celui du samarium (aimants permanents) de 2470%, du gadolinium (verre, réfrigération magnétique) de 1618%, pour ne citer que ceux-ci. Aujourd’hui, en moyenne, car les 15 terres rares intéressantes économiquement ne font pas l’objet de la même demande dans l’industrie, la tonne se vend 100 000 dollars. Une aubaine pour les fonds de placement, mais une grave menace pour les industriels. Certains pays comme l’Allemagne explorent la piste du recyclage, mais la technique est complexe et on ignore dans quelle mesure les propriétés de ces terres rares seraient altérées.
En 1992, Deng Xiaoping avait pourtant annoncé la couleur: «Le Moyen-Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares.» L’exploitation des gisements occidentaux, comme celui de Mountain Pass en Californie, a néanmoins été abandonnée dans les années 90. Les coûts d’exploitation, la contrainte de normes environnementales inexistantes en Chine, et les bas prix concoctés par Pékin ont eu raison de ces mines.
La riposte s’organise
Une erreur stratégique funeste. «Nous payons la philosophie de ces trente dernières années, basée sur la rentabilité à très court terme et la politique du «zéro stock», déplore Patrick Christmann, responsable de la stratégie des ressources minérales au Bureau français de recherches géologiques et minières (BRGM). Il y a peu encore, «politique industrielle» était un gros mot.»
L’américain Moly Corp a réactivé sa mine de Mountain Pass, l’australien Lynas Corporation a démarré l’exploitation d’un nouveau site à Mount Weld. En tout, 300 sociétés recherchent des gisements. Mais tous ne sont pas exploitables, explique Laurent Krull, spécialiste suisse en géologie et investissements avec sa société LK Consult: «Deux cents types de minéraux sont aujourd’hui identifiés. Quinze sont potentiellement intéressants économiquement, et il n’y en a que trois dont on sait comment en extraire les terres rares. Or si nous avons les connaissances théoriques pour séparer les terres rares de la roche dans laquelle elles sont prises, la Chine, qui a des décennies d’expérience dans ce domaine, est bien plus avancée en ce qui concerne les connaissances appliquées.»
Un point nuancé par Patrice Christmann: «Il y a le leader mondial Rhodia, très au fait de ces techniques.
Production complexe
Mais il est vrai que pour les terres rares lourdes comme le dysprosium, capital pour les aimants permanents utilisés notamment dans les éoliennes, il faut une technique où la Chine est leader.» La production de terres rares est particulière: si l’extraction des minéraux est relativement aisée, la séparation des diverses terres rares qu’ils contiennent est affaire d’hydro-métallurgie et de chimie. Or, qui possède une mine sans l’usine de séparation indispensable au processus ne possède rien.
«C’est le problème de Lynas Corporation, qui exploite Mount Weld en Australie, et ne peut toujours pas ouvrir une usine de séparation des terres rares en Malaisie, où un moratoire vient d’être décrété pour des questions environnementales», détaille Patrice Christmann. Ces terres rares, imbriquées dans des minéraux, peuvent y côtoyer en effet des éléments radioactifs comme le thorium ou l’uranium.
La Chine, future importatrice
La production hors de Chine n’atteindra son plein rendement que dans deux ans pour les mines déjà activées, et il faudra attendre plusieurs années pour les projets encore à l’étude. «Certains experts pensent que cet investissement est d’autant plus crucial que, bientôt, la Chine, qui a d’énormes projets de parcs éolines et qui se tourne vers son marché intérieur de manière générale, aura besoin d’importer», glisse Patrice Christmann.
15 mai 2011
Les parlementaires pakistanais condamnent l'opération contre Ben Laden
Le parlement pakistanais a condamné samedi l'opération américaine dans laquelle Oussama ben Laden a été tué au début du mois et a demandé une révision des relations avec les Etats-Unis.
La veille, un double attentat suicide que les taliban pakistanais ont présenté comme un premier acte de représailles après sa mort a fait 80 morts à Charsadda, dans le nord-ouest du pays.
L'opération menée par les Navy Seals dans la nuit du 1er au 2 mai à la résidence que le chef de file d'Al Qaïda occupait à Abbottabad, ville de garnison située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, a considérablement pesé sur les relations entre Washington et Islamabad.
Elle a en outre valu un torrent de critiques à l'armée et au gouvernement pakistanais, qui n'ont apparemment pas su déceler la présence de Ben Laden sur leur territoire ni détecter l'opération du commando américain.
"Le Parlement (...) condamne l'initiative unilatérale d'Abbottabad qui constitue une violation de la souveraineté pakistanaise", disent les élus dans un communiqué publié après l'audition de responsables des services de sécurité.
Le chef de l'ISI prêt à démissionner
A l'occasion de cette audience, Riaz Fatyana, chef des services de renseignement (Inter-Services Intelligence, ISI), s'est d'ailleurs dit prêt à démissionner, selon un parlementaire.
Les autorités jugent absurde l'idée selon laquelle elles auraient fermé les yeux sur la présence à Abbottabad de l'homme le plus recherché de la planète. Sans les taxer de complicité, le gouvernement américain a toutefois estimé que Ben Laden avait sans doute bénéficié d'une quelconque forme de soutien et s'est dit déterminer à en découvrir la nature.
La résolution adoptée samedi au parlement pakistanais invite Islamabad à couper les lignes d'approvisionnement des forces déployées en Afghanistan, faute d'une suspension des raids "inacceptables" menés par les drones américains contre les activistes islamistes des zones tribales.
L'un de ses raids avait fait cinq morts, quelques heures plus tôt, au Nord-Waziristan. Le gouvernement pakistanais les dénonce régulièrement, mais Washington assure qu'ils entrent dans le cadre des accords bilatéraux.
Libye: 16 personnes tuées et 30 autres blessées dans un raid de l’OTAN sur Brega
Au total 16 imams libyens et érudits du Coran ont été tués et 30 autres blessés lors d’un raid mené vendredi à l’aube par l’OTAN contre la ville pétrolière de Brega, dans l’est de la Libye, annonce la télévision libyenne. La même source a indiqué que les forces de l’OTAN ont commis «un massacre odieux en bombardant la maison de l’hôte à Brega où se sont regroupés plusieurs familles, cheikhs, imams et érudits qui récitaient et psalmodiaient le Coran en prélude à une marche populaire de réunification de la population libyenne».
La télévision a diffusé des images des personnes tuées et blessées, ainsi que les destructions causées par ce raid aérien qui a touché des installations, des bâtiments civils et des maisons.
12 mai 2011
Les trois veuves de Ben Laden

Tiraillements américano-pakistanais à propos des trois veuves de ben Laden capturées à Abbotabad
Les trois épouses d’Oussama ben Laden détenues par le Pakistan depuis le raid américain du 2 mai à Abbotabad sont une source de tension supplémentaire entre Washington et Islamabad. La CIA se plaint de n’avoir pas encore pu interroger les trois femmes même si leurs connaissances du fonctionnement d’al-Qaïda sont probablement limitées.
Malgré leurs demandes répétées, les enquêteurs de la CIA n’ont pas encore pu interroger les trois épouses qui résidaient avec Oussama ben Laden dans la villa d’Abbotabad où le chef d’al-Qaïda a été tué par les forces spéciales américaines le 2 mai 2011. Celles-ci, de même que les autres membres de l’entourage de ben Laden qui se trouvaient sur les lieux au moment de l’assaut – entre douze et dix-sept personnes, enfants compris, selon les sources - sont détenues par les services secrets pakistanais.
Trois épouses en question
Même s’ils ont emporté avec eux des mines d’information lors de leur raid du 2 mai sur la villa d’Abbotabad et bien qu'il y ait peu de chances que les trois femmes souhaitent coopérer, les Américains voudraient quand même obtenir leurs témoignages dans le but d’enrichir un peu plus leurs connaissances du fonctionnement du réseau terroriste et de leur leader.
Marié à cinq reprises et père de vingt-trois enfants (v. encadré ci-dessous), ben Laden était séparé de sa première et de sa quatrième épouse mais les trois autres sont, semble-t-il, restées avec lui durant la quasi-totalité de sa traque. La plus âgée, Khadijah Sharif, un saoudienne de 62 ans, était appréciée du chef d’al-Qaïda pour son érudition en sciences islamiques et aurait longtemps été la plus influente. Elle était également chargée de l’éducation religieuse des enfants et des petits-enfants de ben Laden (dont quatre enfants de l’une de ses filles tuée lors d’un raid aérien américain au Waziristan qui vivaient à la villa).
La plus jeune des épouses, Amal al-Saddah, une Yéménite de 28 ans mariée à ben Laden en 2000, aurait été blessée à une jambe lors de l’assaut des Navy Seals américain à Abbotabad. Selon certains médias américains, elle aurait fourni quelques éléments aux Pakistanais notamment que le chef d’al-Qaïda et son entourage se seraient cachés durant deux ans et demi dans une grotte près du village de Chak Shah Mohammad, dans la province d’Haripur, à une soixantaine de kilomètres au sud d’Abbotabad. Une information à prendre avec précautions, car rien ne permet pour l'heure de la confirmer. Haripur est en tout cas une région où viennent parfois se réfugier des combattants afghans et la zone a parfois été qualifiée de "petit Helmand" (en référence à la province du sud-ouest de l'Afghanistan).
Tension extrême
Ce type renseignement ne va probablement pas changer le cours de l’histoire mais les Etats-Unis insistent auprès des Pakistanais pour obtenir le droit d’interroger les trois épouses aussi tôt que possible. Et la nouvelle que, une fois sur pied, la jeune Amal pourrait être extradée vers son Yémen natal par le Pakistan sans même avoir été questionnée par la CIA n’a pas été très appréciée à Washington. La tension est toujours extrême entre les services secrets américains et paksitananais depuis le raid du 2 mai. Elle pourrait baisser d’un cran si Islamabad faisait un geste en autorisant les enquêteurs US à s’entretenir avec les trois femmes.
Najwa Ghanem
Née en 1958 à Latakia (Syrie)
Epousée en 1974
Lui a donné onze enfants (sept garçons, quatre filles)
L’a quitté après les attentats du 11 septembre 2001 et vivrait à Damas en Syrie.
Khadijah Sharif
Née en 1948 à Djeddah (Arabie Saoudite)
Epousée en 1983
Lui a donné trois enfants (un garçon, deux filles)
Détenue par les services secrets pakistanais.
Khairiah Sabar
Née en 1950 à Djeddah (Arabie Saoudite)
Epousée en 1985
Lui a donné un fils
Détenue par les services secrets pakistanais.
Siham Sabar
Née à Médine (Arabie Saoudite)
Epousée en 1987
Lui a donné cinq enfants (deux fils, trois filles).
L’un des fils, Khaled, serait mort lors de l’assaut d’Abbotabad
Vivrait à Médine en Arabie Saoudite.
Amal al-Saddah
Née en 1983 à Ibb (Yémen)
Epousée en 2000
Lui a donné trois enfants (une fille et deux garçons)
Détenue par les services secrets pakistanais.
Nb : Oussama ben Laden aurait épousé une femme au Soudan en 1996 mais le mariage aurait été annulé dans les 48 heures.
Attention à vos permis de conduire :
Les mesures qui doivent êtrs mises en place en septembre :
- Les radars automatiques ne seront plus signalés par des panneaux ;
- Les cartes d'implantation des radars ne seront plus rendues publiques;
- Les excès de vitesse supérieurs à 50 km/h deviennent des délits dès la première infraction (jusqu'à maintenant cette infraction ne devenait un délit qu'en cas de récidive) ;
- La conduite avec un taux supérieur à de 0,8 g/l entraînera un retrait de 8 points sur le permis de conduire contre 6 actuellement;
-Le fait de téléphoner en conduisant entraînera un retrait de 3 points sur le permis au lieu de 2;
- Les plaques d'immatriculation des deux-roues seront agrandies;
- Les conducteurs de motos et tricycles devront porter un équipement réfléchissant;
NB : le gilet réfléchissant est obligatoire pour les cyclistes sur les routes de campagne, la nuit et en cas de temps gris.
11 mai 2011
Des milliers de manifestants défilent à Athènes contre les mesures d'austérité
Des milliers de Grecs ont manifesté mercredi, jour de grève générale, contre les mesures d'austérité et les privatisations décidées par le gouvernement socialiste qui cherche à obtenir une nouvelle aide internationale afin d'éviter une restructuration de la dette grecque. Environ 10.000 personnes selon la police ont battu le pavé à Athènes contre les sacrifices imposés au pays.
Les deux compagnies grecques, Olympic Air et Aegean, ont annulé des vols. Les ferries vers les îles sont restés à quai, et les trains en gare.
Pour la deuxième fois depuis le début de l'année, les syndicats - GSEE pour le privé, Adedy pour les fonctionnaires ainsi que le front syndical communiste Pame - protestaient contre un durcissement de la cure d'austérité, assorti d'une intensification des privatisations (50 milliards d'euros d'ici 2015), un plan qui est actuellement évalué et discuté avec les représentants des bailleurs de fonds du pays (zone euro et FMI), présents à Athènes.
"Les nouvelles mesures frappent unilatéralement les travailleurs et l'emploi et pas les possédants ni les banquiers, ni tous ceux qui ont fait la crise et en profitent" a déclaré à l'AFP Stathis Anestis, secrétaire général adjoint de la GSEE.
"Après un an (d'aide internationale), nous sommes hélas dans une situation pire, le chômage a explosé, les salaires sont au plus bas niveau et le pire c'est qu'il n'y a aucune perspective d'issue," a-t-il ajouté.
"On veut nous supprimer des acquis sociaux de plusieurs siècles" a renchéri Vangelis Papadoyannis, 46 ans, employé d'Intracom, une société de nouvelles technologies.
"Dans mon entreprise, on a eu une vague de licenciements, une centaine en janvier, ils nous ont changé nos conditions de travail, ils nous ont baissé le salaire de 15% et ça continue (...) Ce mémorandum (le prêt de l'UE et du FMI) qui selon le gouvernement devait nous sauver, est allé aux banques", a-t-il regretté.
"Non au bradage" indiquaient certaines banderoles critiquant le programme de privatisations qui prévoit d'ouvrir le capital des grands groupes publics (électricité, eau...) afin de réduire la dette, qui a explosé au dessus de 340 milliards d'euros et doit atteindre 152% du PIB d'ici la fin de l'année.
"Si c'était au profit de l'Etat, on serait prêt à des concessions, mais ils ne nous bradent que pour rembourser nos créanciers", a regretté Tassoula Carabina, 48 ans, employée du groupe d'électricité DEI-PPC.
Quelques incidents ont eu lieu lors de l'arrivée du cortège, avec du mobilier urbain incendié, jets de pierre, suivis de tirs de grenades assourdissantes et lacrymogènes par la police sur des groupes de jeunes manifestants, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Mais aucune violence du même type que celles de l'an passé lorsque trois employés de banque sont morts le 5 mai 2010 en marge d'une telle manifestation, asphyxiés dans l'incendie provoqué par un jet de cocktail molotov. La police a annoncé cinq interpellations, et une source hospitalière sept blessés.
Le train de mesures pris l'an dernier en contrepartie du sauvetage du pays via le déblocage d'un prêt de 110 milliards d'euros par l'UE et le FMI a pour l'instant échoué à rétablir l'accès du pays aux marchés.
"Le programme de réformes a échoué," a dit mercredi à l'AFP Platon Monokroussos, économiste pour Eurobank selon qui le gouvernement est en train de négocier "un nouvel accord" .
Les Européens planchent sur les moyens d'empêcher un défaut grec au cas où les taux d'intérêt imposés au pays, actuellement prohibitifs à plus de 15%, continueraient de l'empêcher de se refinancer sur les marchés en 2012.
Chine: le Barrage des Trois Gorges augmente son débit pour lutter contre la sécheresse

Le Barrage des Trois Gorges de la Chine, le plus grand barrage du monde, a déversé davantage d'eau afin de faire face à une sévère sécheresse printanière dans la province du Hubei (centre).
Le Barrage des Trois Gorges a déversé environ 400 millions de mètres cubes d'eau entre samedi et mercredi matin, réduisant de 0,7 mètre le niveau d'eau du barrage, a précisé un responsable du Bureau de gestion de la construction et des opérations du barrage.
Le barrage a accéléré son débit à environ 7 000 mètres cubes par seconde, soit 1 500 à 2 000 mètres cubes de plus que la vitesse de l'afflux.
Cette action vise non seulement à soutenir la lutte contre la sécheresse ravageant le cours moyen et inférieur du fleuve Yangtsé, mais également à assurer la sécurité de la navigation, a indiqué Zheng Shouren, membre de l'Académie d'Ingénierie de Chine et ingénieur en chef du Comité des ressources en eaux du fleuve Yangtsé.
"Si le Barrage des Trois Gorges n'existait pas, la sécheresse serait pire et la navigation dans le fleuve Yangtsé serait très dangereuse", a-t-il souligné.
La province du Hubei souffre actuellement d'une sécheresse prolongée.
Environ 400 000 personnes de la province manquent d'eau potable, tandis que près de 13 millions de mu (870 000 hectares) de terres cultivées ont été affectés, selon le département provincial de l'agriculture.
http://french.cri.cn/621/2011/05/11/301s243998.htm
09 mai 2011
Crise Ivoirienne: Alain Juppé traîne un Camerounais en cour

Un étudiant de 26 ans d’origine camerounaise répondra de ses actes devant la justice française. Motif : Il a laissé un message sur le compte facebook d’Alain Juppé, ministre des affaires étrangères.
Cette ingérence à Abidjan est intolérable ! Après ça, faudrait pas s’étonner qu’il y ait des attentats en France !
C’est en substance ce commentaire, qui a déclenché, début avril, à Paris, une enquête judiciaire au plus haut niveau et concrétisée cette semaine à Montpellier.
Saisie par le parquet de Paris pour "association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste", la brigade criminelle a aussitôt mobilisé ses experts informatiques, afin d’identifier l’auteur de ces menaces virtuelles à peine voilées. Car la période était sensible : les propos visaient l’intervention des troupes françaises, agissant sous mandat de l’Onu en Côte d’Ivoire, afin de capturer Laurent Gbagbo et d’établir au pouvoir le président élu Alassane Ouattara. Dans les semaines suivantes, le contexte international n’a fait que continuer à exposer le ministre des Affaires étrangères avec l’intervention militaire française en Libye et l’attentat tuant des Français à Marrakech.
Mercredi, au lendemain de l’annonce de la mort de ben Laden, des policiers de la section anti-terroriste (SAT) de la brigade criminelle, arrivés depuis peu à Montpellier, passent donc à l’action, assistés de la PJ de Montpellier. À l’aube, ils investissent le domicile d’un couple, qui est placé en garde à vue. Car c’est depuis leur ordinateur qu’a été posté le commentaire litigieux.Très vite, la jeune femme est mise hors de cause, tandis que son compagnon passe aux aveux. Âgé de 26 ans et originaire du Cameroun, cet étudiant reconnaît être l’auteur des propos controversés. "Il dit avoir agi sur un coup de colère", précise une source proche du dossier.
Pendant deux jours, il est longuement interrogé sur son parcours, ses convictions politiques, ses relations. Jusqu’à ce que les enquêteurs conviennent qu’"il n’a pas le profil d’un “terro” : pas de réseau, de passé et de connections". Hier après-midi, le parquet anti-terroriste de Paris s’est donc dessaisi de cette enquête retombée dans le droit commun, pour la confier au parquet de Montpellier. "Cela s’est emballé pour des raisons de sécurité que l’on peut comprendre dans le contexte actuel, mais cela s’est dégonflé très vite, nuance Me Sabine Ngo, qui a assisté l’étudiant pendant sa garde à vue. C’est un garçon avec un bon niveau d’étude, une réflexion politique, mais qui n’a pas mesuré les conséquences d’un tel acte."
L’étudiant devait être présenté ce 6 mai au parquet de Montpellier, qui devrait décider des suites à donner à cette enquête désormais reclassée en "fausse alerte". Une comparution immédiate ? "On est dans le domaine de la liberté d’expression, peut-être qu’un rappel à la loi suffirait pour ces propos malheureux", soupire l’avocate montpelliéraine.
http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=3709
